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Conférence Cyclope du CEA Saclay « Accident cérébral du bébé : les itinéraires bis du développement » du 12 mars 2014 avec Lucie Hertz-Pannier, pédiatre et radiologue, chercheuse à NeuroSpin

Chaque année, 1500 nouveau-nés sont atteints de Paralysie Cérébrale à la suite d'un accident survenu pendant la grossesse ou au moment de la naissance, parfois prématurée. Des régions du cerveau dédiées par exemple au langage ou à la motricité peuvent être irrémédiablement détruites. Pourtant, lorsque l'on croise ces enfants quelques années plus tard, bon nombre d'entre eux parviennent à parler, à marcher. Le cerveau semble s'être réorganisé de manière à pouvoir compenser le handicap, au moins partiellement. Comment le cerveau procède-t-il ? Jusqu'à quel point cette faculté de résilience existe-t-elle ? Enfin, cette plasticité cérébrale est-elle la même lorsque la paralysie survient à l'âge adulte à la suite d'un AVC ? Explorez les tours et les détours du cerveau en compagnie de Lucie Hertz Pannier, médecin et chercheuse à NeuroSpin, au CEA Saclay, et vice-présidente de La Fondation Motrice

Infirmité Motrice Cérébrale/Paralysie Cérébrale - Quelle terminologie employer?  


Le terme d’INFIRMITE MOTRICE CEREBRALE « I.M.C. » largement répandu en France a été créé dans les années 1955 par le Pr Guy TARDIEU, neurologue. Pour le Pr Tardieu l'IMC regroupait des troubles moteurs prédominants et non évolutifs dus à une lésion cérébrale, "conséquence d'une lésion pré, péri ou postnatale précoce", pouvant "s'accompagner d'atteintes sensorielles et d'atteintes partielles des fonctions supérieures à l'exception d'une déficience intellectuelle" (Tardieu 1969). Cette définition excluait de l’IMC les affections neurologiques évolutives et tous les cas associant déficit moteur et déficit intellectuel et/ou troubles graves du psychisme.


Aujourd'hui la communauté scientifique préfère utiliser le terme de Paralysie Cérébrale (Cerebral Palsy en anglais) qui est la dénomination adoptée par la quasi totalité des autres pays.


Selon la plus récente définition collective internationale (Rosenbaum et coll., 2007), "Paralysie Cérébrale (PC) est un terme qui désigne un groupe de troubles permanents du développement du mouvement et de la posture, responsables de limitations d'activité, imputables à des évènements ou atteintes non progressives survenus sur le cerveau en développement du fœtus ou du nourrisson. Les troubles moteurs de la Paralysie Cérébrale sont souvent accompagnés de troubles sensoriels, perceptifs, cognitifs, de la communication et du comportement, par une épilepsie et par des problèmes musculo-squelettiques secondaires".


Le terme Paralysie Cérébrale est donc plus général puisqu'il regroupe également les formes avec des atteintes intellectuelles où l'on parle dans les cas les plus sévères de polyhandicap.


Qu’est-ce que l’Infirmité Motrice Cérébrale/Paralysie Cérébrale ?


Première cause de handicap moteur de l'enfance, l’IMC/PC résulte de lésions survenues sur le cerveau en développement du fœtus ou du nourrisson. Ces lésions cérébrales non progressives provoquent un ensemble de troubles permanents du mouvement et de la posture, responsables de limitations d’activités.

Ces troubles moteurs sont permanents mais peuvent avoir une expression clinique changeante avec le temps et en relation avec le milieu

Les troubles moteurs de l’IMC/PC sont souvent accompagnés :



Quelle en est la fréquence ?


L’IMC/PC concerne en France 1 nouveau-né sur 450 (environ 2 enfants sur 1000 naissances) ou une naissance toutes les 5 heures, soit environ 1800 nouveau-nés par an.

125 000 personnes en France sont atteintes de ce handicap.


Quelles en sont les causes ?


Les causes de l’IMC/PC sont multiples. Si dans 60% des cas environ on peut identifier une cause probable expliquant la survenue des lésions cérébrales, dans 40% la cause est inexpliquée.

A l’origine des lésions cérébrales, il existe le plus souvent une diminution voire un arrêt de l’apport de sang ou d’oxygène dans certaines parties du cerveau (anoxie-ischémie) ou un saignement dans le cerveau (hémorragie cérébrale).

Les causes peuvent survenir avant la naissance (anténatales) le plus fréquent (75 à 80%), pendant l’accouchement ou dans les premiers moments de la naissance (néonatales ; 3 à 10%) ou après la naissance (postnatales, 10 à 12%).


La prématurité est une cause importante, les petits poids de naissance et les grossesses multiples (gémellité) en sont des facteurs favorisants. La naissance prématurée (6 à 8 mois de grossesse) expose le nouveau-né à un risque d’hémorragie cérébrale ; cette hémorragie survenant sur un cerveau non achevé peut provoquer la lésion de cellules nerveuses. La fréquence de l’IMC/PC est d’autant plus élevée que le poids de naissance est petit (<1500g) et la naissance prématurée (<31 semaines).




Des déficiences variables sources de handicap


Aux troubles moteurs qui peuvent prendre des formes très variées selon la gravité et la localisation des lésions cérébrales, s’associent d’autres troubles qu’ils soient neurologiques, sensitifs, auditifs, visuels, cognitifs pouvant également prendre différents aspects.  


Ainsi en ce qui concerne par exemple les troubles moteurs, il peut s’agir d’enfants marchant, ne souffrant que d’une simple boiterie, aussi bien que d’enfants quadriplégiques et totalement dépendants pour tous les actes de la vie courante, avec, entre ces deux extrêmes, tous les intermédiaires possibles. Fréquemment l’enfant associe à ce handicap moteur variable un trouble cognitif. Mais certains enfants ne présentent qu’un trouble moteur isolé, sans aucun trouble cognitif (IMC/PC "pur", c’est-à-dire sans troubles associés). Dans les formes les plus sévères (polyhandicap), il existe une déficience motrice et mentale lourde, avec une restriction extrême de l’autonomie et des possibilités de perception, d’expression et de relation.


Les troubles moteurs


L’importance et la nature du handicap moteur dépendent de la localisation et de l’étendue des lésions. Certains enfants ont une démarche hésitante tandis que d’autres sont incapables de se déplacer sans assistance, certains muscles sont en permanence trop toniques, ou pas assez, ou alternent de façon incontrôlée entre ces deux états.

Selon la topographie des lésions on parle de :



Des mouvements anormaux et/ou des troubles du tonus peuvent s’associer à ces troubles moteurs :



L’acquisition de la marche est variable : ainsi certains enfants pourront marcher seuls sans aide technique, d’autres avec une aide technique à l’extérieur et certains n’acquerront jamais la marche, et devront utiliser un fauteuil électrique ou manuel.


Pour en savoir plus sur les mouvements anormaux et les complications orthopédiques:


Les troubles cognitifs


Les fonctions cognitives sont les mécanismes qui permettent de recevoir et de traiter les informations, de faire des apprentissages et d’organiser les connaissances, d’agir sur notre environnement et d’échanger avec les autres.



Tous ne souffrent pas de ces troubles mais ils doivent être recherchés systématiquement. Une bonne évaluation cognitive est importante pour guider la rééducation et permettre d’instaurer des moyens de compensation sur lesquels le patient peut s’appuyer.


Pour en savoir plus sur les troubles cognitifs :



Prise en charge


La prise en charge du sujet présentant une Paralysie Cérébrale est le plus souvent pluridisciplinaire : médicale, chirurgicale, paramédicale, psychologique.

Avant tout, il est nécessaire d’effectuer une évaluation afin d’adapter la prise en charge au cas par cas. S’il n’existe pas de traitement curatif de l’IMC/PC, certains soins vont pouvoir aider l’enfant et lui permettre de faire des mouvements sans aide extérieure, de maintenir une position ou de soutenir son corps.


Confrontés à l’environnement, enfants et adultes atteints d’IMC/PC sont en situation de handicap (déplacement, communication, accès à l’enseignement et au travail, etc.). Pour de nombreux enfants, les capacités d’apprentissage sont préservées et permettent une scolarisation en milieu ordinaire. Mais ces atteintes motrices lorsqu’elles sont associées à d’autres troubles (troubles visuels, du langage, de l’intégration sensorielle, difficultés d’organisation du mouvement, épilepsie, troubles de la déglutition, problèmes d’orientation, troubles du calcul) vont exposer les enfants à des difficultés scolaires et donc nécessiter une orientation en milieu spécialisé.



Pour en savoir plus sur la Paralysie Cérébrale et l’Infirmité Motrice Cérébrale :

Contributions des médecins et chercheurs de La Fondation Paralysie Cérébrale - La Fondation Motrice

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