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Légion d'Honneur

 

 

 

Photo Michèle BARON

Remise des insignes de Chevalier dans l'Ordre national de la Légion d'Honneur de Michèle BARON



Paris, le 5 mai 2011










1/ Ouverture

2/ Remise de la Légion d'honneur

3/ Discours de Michèle Baron

Discours de Patrick Gohet, Président du CNCPH lu par Jacques Toussaint

Discours de Marie-Anne Montchamp, Secrétaire d'Etat aux Solidarités et à la Cohésion sociale

Discours de Michèle Baron, Présidente de la FFAIMC




Ouverture

Discours de Patrick Gohet lu par Jacques Toussaint
Michèle Baron, Jacques Toussaint et Marie-Anne Montchamp

Lecture du discours de

Patrick GOHET, 

Président du Conseil National Consultatif des Personnes Handicapées

par Jacques TOUSSAINT,

Président de l'Association des IMC de Champagne-Ardenne




Madame la Ministre, chère Marie Anne,

Madame la Présidente, chère Michèle,

Mesdames, Messieurs, chers Amis,

 

C’est avec le plus grand regret que je ne peux être des vôtres ce soir. En effet, je remets au même moment les insignes d’officier dans l’Ordre du Mérite à Anne VOILEAU que,  sans doute, vous connaissez tous.


C’est donc au moyen de ce message que je vous adresse les propos que j’aurais préféré tenir de vive voix.


Madame la Présidente, chère Michèle, en m’adressant à vous ce soir  je tiens à saluer la femme, la mère et la militante et responsable associative que vous êtes.


La femme sait, avec doigté mais aussi avec fermeté, rappeler et faire valoir ce que doit être la place de ses semblables au sein de notre société ainsi que la reconnaissance et la considération dont il est légitime qu’elle fasse l’objet. Vous êtes sensible aux manquements que vous pouvez constater et vous vous employez à le faire savoir. Vous réussissez bien si j’en crois les hommes nombreux qui vous entourent, notamment au sein de la F.F.A.I.M.C. Ils vous témoignent confiance, respect et amitié.


La mère que vous êtes, chère Michèle, est exemplaire. C’est précieux de vous entendre parler de votre fils handicapé. En le faisant nous comprenons la somme d’intelligence, de compréhension, d’écoute, d’espoir et surtout d’amour qu’il faut pour apporter à un tel enfant de quoi s’épanouir et vivre heureux au sein d’une société qui ne comprend pas toujours et qui perpétue tant d’images erronées.


La responsable associative que vous êtes également sait allier avec brio fermeté et mesure. Dans les initiatives que vous prenez et les démarches que vous conduisez, vous savez exprimer avec précision et conviction les besoins et les attentes des personnes handicapées et des familles que vous représentez. Vous avez le souci de concilier besoins particuliers et intérêt général. Sous votre présidence, la FFAIMC a consolidé son image, renforcé son unité et développé sa capacité d’influence. La fédération d’associations que vous présidez est devenue une composante essentielle du secteur associatif qui se bat pour que la question du handicap soit une dimension forte et pérenne des politiques publiques.


Telles sont les raisons pour lesquelles la République a eu raison de vous faire entrer dans le plus prestigieux des ordres par lesquels la Nation remercie et honore les citoyens qui se mettent au service du bien  public. Mais Marie Anne Montchamp, que vous avez choisie avec raison pour vous remettre ces insignes, l’expliquera bien mieux que moi. Son rôle essentiel dans l’adoption de la nouvelle législation du handicap fait d’elle, en effet, l’un des principaux acteurs de la politique du handicap. J’ai eu l’honneur et le plaisir de travailler à ses côtés comme délégué interministériel aux personnes handicapées.


                Encore une fois, toutes mes félicitations, chère Michèle. Cette distinction récompense votre action d’hier et annonce celle que vous ne manquerez de poursuivre demain. Amitiés à tous.

               

                Patrick GOHET

                Président du Conseil National Consultatif des Personnes Handicapées





Remise des insignes

decoration de Michèle BARON par Marie Anne MONTCHAMP

Michèle Baron et Marie-Anne Montchamp

Discours de Marie-Anne MONTCHAMP,

Secrétaire d'Etat aux Solidarités et à la Cohésion sociale


Madame la Présidente, Chère Michèle BARON,

Mesdames, Messieurs,

Chers Amis,

 

C’est avec plaisir que vais aujourd’hui, chère Michèle BARON, vous remettre les insignes de Chevalier dans l’Ordre national de la Légion d’Honneur.

Il me tenait particulièrement à cœur de vous remettre moi-même cette distinction, car elle vient récompenser une vie d’engagement, qui témoigne d’un sens aigu du service et des responsabilités. (....)


 Napoléon justifiait la création de la Légion d’Honneur par cette forte phrase :

« Les Français n’ont qu’un sentiment, l’honneur. Il leur faut donc donner un aliment à ce sentiment-là ; il leur faut des distinctions. »


Chère Michèle BARON, c’est justement pour distinguer vos mérites, pour récompenser l’honneur d’une vie toute entière au service des autres, que nous allons vous accueillir ce soir dans l’Ordre national de la Légion d’Honneur.

Je suis particulièrement heureuse de pouvoir le faire devant vos enfants Henri et Hélène, vous me permettrez d’associer à mes félicitations.

 

Chère Michèle BARON,

Au nom du Président de la République et en vertu des pouvoirs qui me sont conférés ;

Je vous fais Chevalier dans l’Ordre national de la Légion d’Honneur.

              


Marie-Anne MONTCHAMP

             Secrétaire d'Etat aux Solidarités et à la Cohésion sociale



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Michèle BARON

discours_michele_baron
Michèle Baron


Discours de Michèle BARON,

Présidente de la FFAIMC


Il y a dans une vie des jours dont on se souvient toujours.

Aujourd’hui en est un pour moi.

C’est aussi un de ces jours où l’on revoit sa vie.                                                     

Pour moi, tout a commencé dans l’immédiat après-guerre. Il aurait été difficile que je naisse avant, si je voulais être la fille de mon père.(....)

 

Pendant la soutenance de ma thèse, j’attendais alors Henri et je me souviens encore la hâte des professeurs de mon jury pour délibérer, tant ils avaient peur d’être transformés en sage-femme.

 

1975, la terre tremble sous mes pieds, l’impression que l’avenir tout tracé devient incertain. Tout un monde médical qui tient des propos qui me sont étrangers, tous plus pessimiste les uns que les autres, 3 lettres sur un carnet de santé : I.M.C. (....)

 

Mais à l’époque, je n’avais qu’une obsession, faire mentir les pronostics calamiteux, faire ce qu’il fallait, la colère m’avait pris devant l’inertie de certains médecins qui me disaient de passer à autre chose sans prendre le temps de m’écouter, qui dira un jour le sentiment de culpabilité des mères et qui perdure longtemps.

 

1975, je ne savais pas alors que c’était une grande année, le socle de la politique du Handicap. (....)

 

Le contact avec un établissement, l’impression de rentrer dans un autre monde, dont je ne savais rien. (....) J’ai bien vite compris que si les parents ne se bougeaient pas, rien ne se ferait.(....)

Tout un monde s’ouvrait à moi. Quand le handicap survient, il y a 3 solutions : on se couvre de cendres, on créé sa propre association autour de son enfant car ce qui vous arrive ne concerne que vous, ou bien on se dit qu’il y a surement d’autres personnes qui ont les mêmes problèmes que vous, ce fut ma démarche et qui dira le rôle éminent des associations de parents, la chaleur qui s’en dégage. C’est tout cela qui a fait ce que je suis devenue, avec l’acceptation de deuils successifs : ce qu’il ne pourra pas faire, ni ceci, ni cela, mais aussi l’espoir entrevu de ce qu’il peut et pourra faire(....)

 Ce qui fait l’honneur de nos associations, ce qui est notre valeur commune, c’est le respect de la personne, de son identité, et la qualité de l’accompagnement nécessaire à son épanouissement et sa marche vers la plus grande autonomie possible.

C’est pourquoi, pour eux, nous osons tout et j’en suis fière. (....)

 

 Les IMC ont toute leur place dans notre pays.

J’ai rêvé longtemps et en le souhaitant de toutes mes forces, que l’Infirmité Motrice Cérébrale devienne un handicap rare, ce n’est pas le cas. Je rêve aujourd’hui du jour, où nous n’aurons plus besoin d’un ministre en charge des personnes handicapées, puisque tout leur sera devenu accessible, qu’il n’y aura plus de regard porté sur eux, de crainte, de compassion ou de pitié. Ils seront une évidence, un parmi d’autres ayant enfin droit à l’indifférence.

 

Oui, ma vie semblait toute tracée, j’aurais dû devenir un professeur de droit martyrisant ses étudiants et aspirant à la retraite. Il n’en a rien été, et je suis devant vous aujourd’hui. J’ai rencontré des hommes et des femmes de très grande qualité, beaucoup sont devenus des amis. Je me suis immergée dans des combats qui en valaient la peine, me battant pour d’autres, je me suis un peu oubliée moi et mes propres soucis. C’était une excellente thérapie qui a rendu mes enfants fiers de moi, comme je suis fière d’eux.



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