Discours de Patrick Gohet, Président du CNCPH lu par Jacques Toussaint
Discours de Marie-Anne Montchamp, Secrétaire d'Etat aux Solidarités et à la Cohésion sociale
Discours de Michèle Baron, Présidente de la FFAIMC
Ouverture
Michèle Baron, Jacques Toussaint et Marie-Anne Montchamp
Lecture du discours de
Patrick GOHET,
Président du Conseil National Consultatif des Personnes Handicapées
par Jacques TOUSSAINT,
Président de l'Association des IMC de Champagne-Ardenne
Madame la Ministre, chère Marie
Anne,
Madame la Présidente, chère
Michèle,
Mesdames, Messieurs, chers
Amis,
C’est avec le
plus grand regret que je ne peux être des vôtres ce soir. En effet, je remets
au même moment les insignes d’officier dans l’Ordre du Mérite à Anne VOILEAU
que, sans doute, vous connaissez tous.
C’est donc au
moyen de ce message que je vous adresse les propos que j’aurais préféré tenir
de vive voix.
Madame la
Présidente, chère Michèle, en m’adressant à vous ce soir je tiens à saluer la femme, la mère et la
militante et responsable associative que vous êtes.
La femme sait,
avec doigté mais aussi avec fermeté, rappeler et faire valoir ce que doit être
la place de ses semblables au sein de notre société ainsi que la reconnaissance
et la considération dont il est légitime qu’elle fasse l’objet. Vous êtes
sensible aux manquements que vous pouvez constater et vous vous employez à le
faire savoir. Vous réussissez bien si j’en crois les hommes nombreux qui vous
entourent, notamment au sein de la F.F.A.I.M.C. Ils vous témoignent confiance,
respect et amitié.
La mère que
vous êtes, chère Michèle, est exemplaire. C’est précieux de vous entendre
parler de votre fils handicapé. En le faisant nous comprenons la somme d’intelligence,
de compréhension, d’écoute, d’espoir et surtout d’amour qu’il faut pour
apporter à un tel enfant de quoi s’épanouir et vivre heureux au sein d’une
société qui ne comprend pas toujours et qui perpétue tant d’images erronées.
La responsable
associative que vous êtes également sait allier avec brio fermeté et mesure.
Dans les initiatives que vous prenez et les démarches que vous conduisez, vous
savez exprimer avec précision et conviction les besoins et les attentes des
personnes handicapées et des familles que vous représentez. Vous avez le souci
de concilier besoins particuliers et intérêt général. Sous votre présidence, la
FFAIMC a consolidé son image, renforcé son unité et développé sa capacité
d’influence. La fédération d’associations que vous présidez est devenue une composante
essentielle du secteur associatif qui se bat pour que la question du handicap
soit une dimension forte et pérenne des politiques publiques.
Telles sont
les raisons pour lesquelles la République a eu raison de vous faire entrer dans
le plus prestigieux des ordres par lesquels la Nation remercie et honore les
citoyens qui se mettent au service du bienpublic. Mais Marie Anne Montchamp, que vous avez choisie avec raison
pour vous remettre ces insignes, l’expliquera bien mieux que moi. Son rôle
essentiel dans l’adoption de la nouvelle législation du handicap fait d’elle,
en effet, l’un des principaux acteurs de la politique du handicap. J’ai eu
l’honneur et le plaisir de travailler à ses côtés comme délégué
interministériel aux personnes handicapées.
Encore
une fois, toutes mes félicitations, chère Michèle. Cette distinction récompense
votre action d’hier et annonce celle que vous ne manquerez de poursuivre
demain. Amitiés à tous.
Patrick
GOHET
Président
du Conseil National Consultatif des Personnes Handicapées
Remise des insignes
Michèle Baron et Marie-Anne Montchamp
Discours de Marie-Anne MONTCHAMP,
Secrétaire d'Etat aux Solidarités et à la Cohésion sociale
Madame la Présidente, Chère Michèle BARON,
Mesdames, Messieurs,
Chers Amis,
C’est avec plaisir que vais aujourd’hui, chère
Michèle BARON, vous remettre les insignes de Chevalier dans l’Ordre national de
la Légion d’Honneur.
Il me tenait particulièrement à cœur de vous
remettre moi-même cette distinction, car elle vient récompenser une vie
d’engagement, qui témoigne d’un sens aigu du service et des responsabilités. (....)
Napoléon justifiait la création de la Légion
d’Honneur par cette forte phrase :
« Les
Français n’ont qu’un sentiment, l’honneur. Il leur faut donc donner un aliment
à ce sentiment-là ; il leur faut des distinctions. »
Chère Michèle BARON, c’est justement pour
distinguer vos mérites, pour récompenser l’honneur d’une vie toute entière au
service des autres, que nous allons vous accueillir ce soir dans l’Ordre
national de la Légion d’Honneur.
Je suis particulièrement heureuse de pouvoir le
faire devant vos enfants Henri et Hélène, vous me permettrez d’associer à mes
félicitations.
Chère Michèle BARON,
Au nom du Président de la République et en vertu
des pouvoirs qui me sont conférés ;
Je vous fais Chevalier dans l’Ordre national de la
Légion d’Honneur.
Marie-Anne MONTCHAMP
Secrétaire d'Etat aux Solidarités et à la Cohésion sociale
Il y a dans une vie des jours dont on se souvient toujours.
Aujourd’hui en est un pour moi.
C’est
aussi un de ces jours où
l’on revoit sa
vie.
Pour moi, tout a commencé dans l’immédiat après-guerre. Il
aurait été difficile que je naisse avant, si je voulais être la fille de mon
père.(....)
Pendant la soutenance de ma thèse, j’attendais alors Henri
et je me souviens encore la hâte des professeurs de mon jury pour délibérer,
tant ils avaient peur d’être transformés en sage-femme.
1975, la terre tremble sous mes pieds, l’impression que
l’avenir tout tracé devient incertain. Tout un monde médical qui tient des
propos qui me sont étrangers, tous plus pessimiste les uns que les autres, 3
lettres sur un carnet de santé : I.M.C. (....)
Mais à l’époque, je n’avais qu’une obsession, faire mentir
les pronostics calamiteux, faire ce qu’il fallait, la colère m’avait pris
devant l’inertie de certains médecins qui me disaient de passer à autre chose
sans prendre le temps de m’écouter, qui dira un jour le sentiment de
culpabilité des mères et qui perdure longtemps.
1975, je ne savais pas alors que c’était une grande année,
le socle de la politique du Handicap. (....)
Le contact avec un établissement, l’impression de rentrer
dans un autre monde, dont je ne savais rien. (....) J’ai bien vite compris que si les parents ne se bougeaient
pas, rien ne se ferait.(....)
Tout un monde s’ouvrait à moi. Quand le handicap survient,
il y a 3 solutions : on se couvre de cendres, on créé sa propre
association autour de son enfant car ce qui vous arrive ne concerne que vous,
ou bien on se dit qu’il y a surement d’autres personnes qui ont les mêmes
problèmes que vous, ce fut ma démarche et qui dira le rôle éminent des
associations de parents, la chaleur qui s’en dégage. C’est tout cela qui a fait
ce que je suis devenue, avec l’acceptation de deuils successifs : ce qu’il
ne pourra pas faire, ni ceci, ni cela, mais aussi l’espoir entrevu de ce qu’il
peut et pourra faire(....)
Ce qui fait
l’honneur de nos associations, ce qui est notre valeur commune, c’est le
respect de la personne, de son identité, et la qualité de l’accompagnement
nécessaire à son épanouissement et sa marche vers la plus grande autonomie
possible.
C’est pourquoi, pour eux, nous osons tout et j’en suis
fière. (....)
Les IMC ont toute leur place dans notre pays.
J’ai rêvé longtemps et en le souhaitant de toutes mes
forces, que l’Infirmité Motrice Cérébrale devienne un handicap rare, ce n’est
pas le cas. Je rêve aujourd’hui du jour, où nous n’aurons plus besoin d’un ministre
en charge des personnes handicapées, puisque tout leur sera devenu accessible,
qu’il n’y aura plus de regard porté sur eux, de crainte, de compassion ou de
pitié. Ils seront une évidence, un parmi d’autres ayant enfin droit à
l’indifférence.
Oui, ma vie semblait toute tracée, j’aurais dû devenir un
professeur de droit martyrisant ses étudiants et aspirant à la retraite. Il
n’en a rien été, et je suis devant vous aujourd’hui. J’ai rencontré des hommes
et des femmes de très grande qualité, beaucoup sont devenus des amis. Je me
suis immergée dans des combats qui en valaient la peine, me battant pour
d’autres, je me suis un peu oubliée moi et mes propres soucis. C’était une
excellente thérapie qui a rendu mes enfants fiers de moi, comme je suis fière d’eux.